Guide pratique
Dégât des eaux : les premières 48 heures
Un dégât des eaux se gère dans l’ordre : d’abord arrêter l’eau et se mettre en sécurité, ensuite garder des preuves, puis prévenir et déclarer. Voici les gestes utiles des deux premiers jours.
1. Sécuriser, sans se mettre en danger
Fermez l’arrivée d’eau générale du logement si la fuite vient de chez vous, ou du seul appareil en cause si vous l’avez identifié. Si l’eau approche des prises, d’un tableau électrique ou d’appareils branchés, coupez l’électricité de la zone avant d’intervenir. Épongez, placez des récipients sous les écoulements, surélevez ou éloignez ce qui peut l’être.
Si l’eau vient d’au-dessus ou des parties communes, prévenez tout de suite le voisin concerné, le gardien ou le syndic : la fuite ne s’arrêtera pas d’elle-même, et chaque heure compte pour limiter les dégâts.
2. Garder des preuves avant de nettoyer
Photographiez et filmez avant toute remise en état : des vues larges de chaque pièce touchée, puis des détails (plafond, murs, sol, meubles, appareils). Datez-les. Conservez les objets abîmés jusqu’au passage éventuel de l’expert ou jusqu’à l’accord écrit de l’assureur ; ne jetez rien dans la précipitation.
Rassemblez ce qui prouve la valeur des biens (factures, tickets, photos antérieures) et notez la chronologie : quand vous avez constaté le dégât, qui vous avez prévenu, ce qui a été fait. Ce carnet vous servira à chaque étape.
3. Prévenir les personnes concernées
Selon votre situation : le voisin dont le logement est à l’origine du sinistre ou qui subit le vôtre, le syndic pour un immeuble en copropriété, le propriétaire si vous êtes locataire. Le constat amiable de dégât des eaux est un formulaire, souvent proposé par les assureurs, que les parties remplissent ensemble pour décrire l’origine présumée et les dommages. Il n’est pas obligatoire, mais il facilite et accélère l’instruction du dossier.
4. Déclarer dans le délai
Le code des assurances (article L. 113-2) prévoit que l’assuré déclare le sinistre dès qu’il en a connaissance, et au plus tard dans le délai fixé par le contrat, qui ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés pour un dégât des eaux. Vérifiez votre contrat : il peut prévoir plus long, jamais moins.
Déclarez par le moyen prévu au contrat (espace client, téléphone puis confirmation écrite, lettre recommandée). Indiquez la date de découverte, l’origine présumée, les pièces et biens touchés, et joignez le constat amiable et quelques photos. Gardez une copie de tout ce que vous envoyez et l’accusé de réception.
5. Réparer sans compromettre l’indemnisation
Les mesures conservatoires — faire cesser la fuite, bâcher, sécher, éviter l’aggravation — sont attendues de vous et leurs factures peuvent être présentées à l’assureur : conservez-les. En revanche, les travaux de remise en état (peinture, sol, plâtre) attendent en général l’accord de l’assureur ou le passage de l’expert, sauf urgence justifiée. Faites établir des devis détaillés : ils serviront de base à la discussion.
6. Locataire, propriétaire, copropriétaire : qui déclare quoi ?
- Locataire : à son assureur habitation, pour ses biens et sa responsabilité ; il informe aussi son propriétaire.
- Propriétaire occupant : à son assureur habitation.
- Propriétaire non occupant : à son assureur (contrat dit « PNO »), pour les dommages au logement lui-même.
- Copropriété : le syndic déclare à l’assureur de l’immeuble ce qui touche les parties communes.
Ces répartitions dépendent des contrats en présence ; en cas de doute, déclarez à votre propre assureur, qui orientera.
Sources
Code des assurances, article L. 113-2 (délai de déclaration), consultable sur legifrance.gouv.fr ; service-public.fr, rubrique « Assurance habitation : dégât des eaux » (service-public.fr) ; France Assureurs, informations pratiques sur le dégât des eaux (franceassureurs.fr). Textes consultés à la date de rédaction, non reproduits.
Ce guide ne remplace ni un expert d’assuré, ni un avocat. Il décrit des règles générales, à la date de rédaction, sans connaître votre contrat ni votre situation. Pour un montant indicatif calculé à partir de votre propre sinistre, sans compte : l’estimation gratuite.
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