Guide pratique

Expert d’assuré et contre-expertise : qui fait quoi ?

Rédigé le — informations générales, valables à cette date.

Après un dégât des eaux, plusieurs personnes peuvent évaluer les dommages, et elles ne travaillent pas pour les mêmes intérêts. Expert mandaté par l’assureur, expert d’assuré, tiers expert, second avis sur pièces : ce guide décrit ce que chacun fait, ce qu’il ne fait pas, et à quel moment y recourir.

L’expert mandaté par l’assureur

Pour les sinistres qui dépassent un certain montant — fixé par l’assureur ou, en immeuble, par la convention IRSI —, l’assureur mandate un expert, salarié ou cabinet indépendant. Il visite les lieux ou travaille sur pièces, constate les dommages, vérifie leur lien avec le sinistre déclaré, estime le coût de remise en état et applique les règles du contrat (vétusté, plafonds). Son rapport fonde la proposition d’indemnisation.

Il est rémunéré par l’assureur ; cela ne le rend pas partial par principe, mais il n’est pas votre conseil. Vous pouvez demander la communication de son rapport, et lui remettre vos devis et vos photos lors de sa visite : ce qu’il n’a pas vu ne figure pas dans son chiffrage.

L’expert d’assuré

L’expert d’assuré est un professionnel que vous mandatez, vous, pour défendre vos intérêts : il examine les dommages, construit son propre chiffrage, discute d’égal à égal avec l’expert de l’assureur et, souvent, participe à une réunion d’expertise contradictoire. Ses honoraires sont à votre charge ; certains contrats comportent une garantie « honoraires d’expert » qui les rembourse en tout ou partie, dans une limite fixée au contrat — vérifiez-le avant de vous engager.

Il est utile pour les sinistres importants, les dossiers techniques (origine contestée, structure, infiltrations répétées) et les désaccords qui durent. Pour un petit sinistre, son coût peut dépasser l’écart discuté : c’est une question d’échelle, à poser avant de signer une lettre de mission.

La tierce expertise

Quand l’expert de l’assureur et l’expert d’assuré ne s’accordent pas, la plupart des contrats prévoient une tierce expertise : un troisième expert, choisi d’un commun accord par les deux premiers ou, à défaut, désigné par le président du tribunal judiciaire, tranche les points de désaccord. Ses frais sont le plus souvent partagés par moitié entre l’assureur et l’assuré. La clause du contrat en fixe les modalités : lisez-la avant d’en demander l’application.

Le second avis sur pièces

Un second avis sur pièces est une relecture indépendante de votre dossier — description du sinistre, photos, devis, proposition reçue — qui produit un montant indicatif et signale les points à discuter : poste manquant, surface, vétusté, garantie non appliquée. Il ne se déplace pas, ne constate rien sur place, n’engage pas de discussion avec l’expert de l’assureur et ne vous représente pas.

C’est ce que fait Aide Assurance : un repère chiffré et des arguments, pour décider si la proposition mérite d’être discutée, et avec quoi. Il ne remplace ni un expert d’assuré, ni un avocat.

Qui fait quoi, en un tableau

ActeurMandaté parCe qu’il faitCe qu’il ne fait pasCoût pour vous
Expert de l’assureurL’assureurConstate, chiffre, applique le contratNe vous conseille pasAucun
Expert d’assuréVousChiffre pour vous, discute avec l’expert de l’assureurNe décide pas à la place de l’assureurHonoraires, parfois couverts par le contrat
Tiers expertLes deux experts, ou le tribunalTranche les points de désaccordN’intervient qu’après deux expertises contrairesFrais le plus souvent partagés
Second avis sur piècesVousRelit le dossier, donne un montant indicatif et des argumentsNe se déplace pas, ne vous représente pasPrix fixe, payé une seule fois

À quel moment, et dans quel ordre

  1. Dès la proposition reçue : demander le détail du calcul et, si un expert est passé, son rapport. C’est gratuit, et cela règle beaucoup de dossiers.
  2. Si l’écart reste inexpliqué : un second avis sur pièces, pour savoir si la proposition est discutable et sur quels points.
  3. Pour un sinistre important ou un désaccord technique : un expert d’assuré, idéalement avant la réunion d’expertise, afin qu’il y participe.
  4. En cas de désaccord persistant entre experts : la tierce expertise prévue au contrat.
  5. Ensuite, ou en parallèle : la réclamation écrite, le médiateur, le juge, dans l’ordre décrit par le guide Contester une indemnisation.

Choisir un expert d’assuré

Vérifiez son indépendance à l’égard des assureurs, son expérience du dégât des eaux en habitation, et demandez une lettre de mission écrite : étendue de l’intervention, honoraires (forfait, ou pourcentage de l’indemnité obtenue — dans ce cas, lisez bien sur quelle base), délais. Méfiez-vous d’une promesse de résultat : aucun expert ne peut garantir l’issue d’un dossier.

Sources

Code des assurances, texte consolidé (legifrance.gouv.fr, code des assurances) ; France Assureurs, convention IRSI (expert unique) (franceassureurs.fr) ; La Médiation de l’Assurance (mediation-assurance.org) ; service-public.fr, rubrique « Litige avec un assureur » (service-public.fr). Textes consultés à la date de rédaction, non reproduits ; les modalités de l’expertise et de la tierce expertise sont celles de chaque contrat.

Ce guide ne remplace ni un expert d’assuré, ni un avocat. Il décrit des règles générales, à la date de rédaction, sans connaître votre contrat ni votre situation. Pour un montant indicatif calculé à partir de votre propre sinistre, sans compte : l’estimation gratuite.

Vous avez déjà votre second avis ? La suite de votre réclamation, étape par étape.

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